Nous demandons la libération immédiate d’un camarade arrêté le 16 juin à Tokyo au cours d’une lutte antiraciste


   Che(è)r(e)s ami(e)s,

   Nous sommes des amis d’un militant antiraciste arrêté au cours d’une contre-manifestation qui a eu lieu le 16 juin dans la rue de Shinokubo, à Tokyo. Ce jour-là, il est venu dans ce quartier habité par beaucoup de Coréens pour s’opposer à une manifestation raciste organisée par «Le Comité de Lutte contre les Privilèges des Etranges au Japon» (Zainichi tokken wo yurusanai shimin no kai, l’appellation normalement abrégée en Zaitokukai ) .

 Depuis le début de 2013, ces soi-disant patriotes japonais y sont venus plusieurs fois pour se défiler en criant des slogans aussi odieux que «Mort à tous les Coréens !» etc. Ils s’adonnent collectivement et dans un espace public au discours de haine (hate speech), pour harceler nos voisins d’origine coréenne qui se voient ainsi exposés à une violence verbale et physique qui se fait menaçante à un rythme accéléré.

 Face à cette agitation xénophobe extrémiste et arrogante, de plus en plus nombreux sont ceux qui trouvent inadmissible de la laisser faire, désirent manifester leur solidarité avec les habitants agressés, et tentent d’empêcher de différentes manières les racistes d’insulter et humilier la population locale.

 Comme les groupes racistes de nouveau s’étaient donnés rendez-vous le 16 juin, des centaines de personnes ont répondu à l’appel de l’organisation antiraciste qui exhortait de se rendre sur place avec des pancartes pour contrer leur propagande. C’est à cette initiative que notre camarade a participé.

Dès que le défilé des racistes avait gagné la gare de Shinokubo, leurs sympathisants qui s’étaient infiltrés parmi les contre-manifestants ont commencé à encourager ceux-là et à provoquer ceux-ci en brandissant le drapeau de soleil. Il est évident qu’ils ont délibérément voulu causer des troubles. L’intervention policière a été immédiate, et notre camarade, qui protestait avec ses amis contre la manifestation raciste, a été arrêté et reste à ce jour toujours en détention.

Parmi les contre-manifestants, il y a eu quatre arrestations au total. Trois d’entre elles, heureusement, n’ont pas donné lieu à une détention prolongée. Notre camarade est le seul qui subisse un traitement exceptionnellement sévère. Nous demandons avec indignation sa libération immédiate.

Les média ont rapporté cette affaire en renvoyant dos à dos les deux parties. C’est une intoxication très dangereuse qui tend à présenter cette situation extrêmement grave comme s’il s’agissait d’une bagarre entre les deux groupes extrémistes en dehors de la société civile. En réalité, il y avait d’un côté une tentative violente de terroriser toute une population, une propagande xénophobe qui donnait libre cours à sa haine raciale ; d’un autre, une initiative pacifique et civique contre cette persécution raciste qui viole ouvertement le principe des droits de l’homme.      

 Dans la société japonaise d’aujourd’hui, se répand un sentiment profond de frustration et de ressentiment, qui donne lieu à l’émergence de ces nouvelles formes d’agression raciste. Loin d’être un phénomène marginal, celles-ci ont été préparées, incitées et soutenues par une série de prises de parole des personnalités politiques réactionnaires et révisionnistes, qui nient la responsabilité japonaise pendant les guerres et à la période coloniale, ainsi que par les mass média, qui se montrent toujours indulgentes à leur égard. Il est indéniable que la création récente de ces groupes racistes tels que zaitokukai a pour origine le passé impérial et colonial de ce pays. Il n’est pas moins évident que la police favorise leur activité en essayant d’en profiter pour s’immiscer dans les mouvements sociaux, pour les diviser et isoler les uns des autres.

 Voilà pourquoi nous appelons à lutter à la fois contre le racisme et contre la répression policière, pour un avenir juste, amical et pacifique pour tout le monde qui vit ensemble dans cette société, sans la distinction des origines.

 Libérez notre camarade tout de suite!
 Ce n’est qu’un début, continuons le combat !

 Le comité de soutien de la victime de la répression policière le 16 juin 2013   

 Signez cette pétition pour la libération de notre camarade. Apportez votre signature à l’adresse ci-dessous :

http://antifa616q.info-act.com/
http://antifa616q.tumblr.com/

 Egalement, votre message sera bien venu. Nous voudrions publier votre message dans notre site. Si vous préférez l’anonymat, nous vous prions de le préciser à la fin de votre message.

Merci d’avance !

 
 

   Pour mieux comprendre la situation du combat contre le racisme au Japon  

  Autour de la gare de Shinokubo dans l’arrondissement de Shinjuku à Tokyo s’étend un quartier cosmopolite où vivent en paix des habitants venus du monde entier, dont les Coréens constituent la majorité.
  Il est d’autant plus affligeant d’y voir se multiplier des manifestations violentes racistes, qui vont jusqu’à vociférer : «Tuez tous les Coréens sans distinction entre les bons et les mauvais !» Il est absolument inadmissible d’exprimer dans un espace public une telle haine contre un groupe ethnique particulier.
  Toru Hashimoto, le maire d’Osaka et le leader d’une formation politique «Association pour la Restauration du Japon»(Nippon Ishin no Kai), a récemment prétendu que l’exploitation sexuelle des femmes des pays d’Asie pendant la guerre est justifiable par rapport au norme de l’époque comme une nécessité vitale pour l’Armée impériale du Japon. Malgré le tollé général à l’échelle nationale et internationale, il persiste dans son opinion et refuse de présenter ses excuses. Du fait qu’il reste assez populaire même après ce scandale, il faut déduire qu’il y a de plus en plus de gens qui n’hésitent pas de déformer la réalité historique et de mépriser les peuples étrangers pour préserver une image condescendante du Japon.
  Nous sommes déterminés de barrer de toutes nos forces la progression de ce courant raciste dans notre pays en appelant à mettre en œuvre à travers une solidarité internationale les valeurs universelles telles que la paix et l’égalité.

No pasaran ! 


We would like to ask you to protest the Shinjuku Police Station in Tokyo for immediate release of Mr. A, who was arrested during protest against racists and is still under detention, and protest against the Japanese government inaction over the rise of racism.
Please email us once you have taken any actions against them.